Article publié le 02/09/2026 dans

Dans ce nouvel épisode de notre podcast « La tête dans le gazon », Vanessa Le Moignier, Ingénieure Développement chez Barenbrug France, explique comment redonner vie à une pelouse abîmée sans tout refaire.

Septembre, les enfants retrouvent le chemin de l'école, les jours raccourcissent, l'été touche bientôt à sa fin et vous, professionnels, vous remarquez peut-être quelques zones clairsemées dans votre gazon.

Vanessa vous propose donc un mode d'emploi pour réussir votre regarnissage.

– Épisode 9 –
 

La tête dans le gazon, le rendez-vous des pros du gazon

Septembre, les enfants retrouvent le chemin de l’école. Les jours raccourcissent, l’été touche bientôt à sa fin et vous, professionnels, remarquez peut-être quelques zones clairsemées dans votre gazon.

Dans cet épisode, Vanessa Le Moignier vous propose un mode d’emploi pour réussir votre regarnissage.

Dans quel contexte est-il recommandé de sursemer ou de regarnir son gazon ?

À la sortie des saisons stressantes pour le gazon, comme l’été, celui-ci peut sembler un peu fatigué. Certaines zones peuvent se dégarnir, des trous peuvent apparaître et le gazon peut également jaunir par endroits, notamment à cause de la sécheresse, des maladies ou du piétinement intensif.

Pour lui redonner du tonus et retrouver un aspect impeccable, on peut donc sursemer ou regarnir le gazon.

Quelle est la différence entre le sursemis et le regarnissage ?

Le regarnissage est réalisé pour combler les trous qui se sont formés. On dépose directement les semences de gazon dans les zones dégarnies.

Il est plutôt conseillé de mélanger les semences à un substrat enrichi en matière organique et en engrais. Cela facilitera la germination et l’implantation des plantules.

Le sursemis, lui, est réservé aux plus grandes surfaces où l’on ne distingue pas forcément de trous, mais où l’on voit apparaître davantage de sol. Le gazon manque alors de densité sur l’ensemble de la surface.

Cette méthode constitue une alternative à la destruction totale d’un couvert : on sème directement sur le couvert déjà existant.

Quels sont les intérêts du sursemis pour le gazon ?

Le sursemis permet de gagner du temps et de réaliser des économies, puisque les opérations sont plus légères que lorsqu’il faut refaire totalement un gazon.

Cette technique permet également de limiter l’implantation des adventices. Elle peut être renouvelée chaque année lorsqu’un gazon a subi un stress important.

Le sursemis améliore ainsi progressivement l’apparence du gazon, renforce sa densité et sa résistance aux maladies et aux différentes conditions climatiques.

Réaliser un sursemis chaque année permet également de bénéficier des progrès génétiques apportés par les dernières variétés inscrites au Catalogue français, comme nous l’avons vu dans l’épisode 7.

Quelle est la marche à suivre pour sursemer ou regarnir un gazon ?

Le sursemis ne consiste pas simplement à jeter quelques semences sur un couvert abîmé. La première étape est de bien préparer le sol.

Il faut tout d’abord tondre le couvert assez ras, à moins de 4 cm, et surtout ramasser soigneusement les déchets de tonte. Ces déchets empêcheraient les graines d’être correctement en contact avec le sol. Ils peuvent également favoriser la propagation de maladies.

Le gazon peut aussi avoir accumulé du feutre ou de la mousse. Ces éléments empêcheront eux aussi un bon contact entre la terre et les graines. Il est donc possible d’aérer le sol à l’aide d’un scarificateur, dont il existe plusieurs modèles.

Une fois cette préparation terminée, on peut passer à l’étape du semis.

Sur les petites surfaces, on peut utiliser un épandeur manuel ou épandre directement les semences à la main. Attention cependant : la répartition des semences sera moins homogène.

Pour les grandes surfaces, afin de faciliter le travail et d’obtenir un rendu optimal, il est préférable d’utiliser un semoir professionnel.

Personnellement, je préfère les semoirs à disque. Ils permettent d’ouvrir correctement un sillon, de positionner la graine dans le sol, puis de refermer le sillon. La graine se retrouve ainsi dans des conditions de germination optimales.

Comment bien choisir les espèces à utiliser ?

Il est primordial de bien choisir les espèces et les variétés de semences. Il vaut mieux privilégier des variétés plutôt agressives et rapides à installer, comme le ray-grass.

On peut également utiliser de la fétuque élevée ou du pâturin, mais il faudra alors être un peu plus patient. Avec un entretien post-semis adapté, le résultat sera néanmoins optimal.

Pour améliorer le sursemis et obtenir un meilleur rendu, on peut également choisir des semences pelliculées avec des biostimulants, spécifiquement formulés pour améliorer la germination et l’implantation des plantules.

Les doses de semis à utiliser sont comprises entre 20 et 35 g/m² selon les espèces.

Attention cependant à ne pas surdensifier le semis, au risque d’être déçu du résultat. Le sursemis n’est pas une méthode permettant d’économiser des semences.

Quelle est la prochaine étape après le semis ?

Une fois le semis réalisé, l’objectif est d’assurer une bonne germination et une bonne implantation grâce à un entretien post-semis adapté.

La première opération consiste à rappuyer fortement le sol avec un rouleau afin de favoriser le contact entre la terre et les graines.

On peut ensuite appliquer un engrais spécifique au semis, appelé engrais starter. Cet engrais est généralement riche en phosphore et en potasse. Ces deux éléments sont indispensables au développement racinaire des jeunes plantes et les aident à mieux résister au froid et à la sécheresse.

Enfin, il est indispensable d’arroser régulièrement le sol. L’objectif est d’atteindre le stade trois feuilles. À partir de ce stade, les jeunes plantes seront davantage capables de résister aux différents stress.

Il faudra également, si nécessaire, protéger le semis contre les ravageurs tels que les fourmis, les limaces ou les oiseaux.

Pourquoi conseille-t-on de sursemer en automne ?

L’automne est la meilleure saison pour réaliser un sursemis. Le couvert déjà en place a été stressé pendant l’été, il pousse moins et est moins dynamique. Il y aura également moins de déchets à ramasser lors de la préparation du sol.

L’automne est aussi une période où les mauvaises herbes poussent moins. Les jeunes plantules disposent donc de davantage d’espace pour s’implanter.

Pour moi, l’automne correspond principalement au mois de septembre. Le sol est encore chaud et les pluies permettent de maintenir une bonne humidité. Il y aura donc moins besoin d’irriguer le nouveau semis.

L’engrais starter pourra également mieux se minéraliser, ce qui permettra aux plantes d’être correctement nourries pour poursuivre leur développement à la fin de l’automne et au début de l’hiver.

Merci à toutes et à tous pour votre écoute.

Rendez-vous le mois prochain avec notre expert Alexis Neveu, qui nous parlera de fertilisation.

À bientôt !